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Lutte pour la biodiversité : des intérêts convergents entre la planète et les marchés


Bertrand Lecourt, responsable des stratégies

de gestion thématiques et gérant senior du

fonds Regnan Sustainable Water & Waste.


Dans une récente note, intitulée "Beyond Biodiversity" (Au-delà de la biodiversité), les équipes de Regnan, la boutique spécialisée dans la RSE de la société de gestion JOHCM se penchent sur les raisons de l'échec des efforts passés pour protéger la biodiversité et se servent de ce constat pour élaborer un nouvel ensemble de principes directeurs pour une gestion efficace de l'environnement, basés sur le concept de résilience bioculturelle. Elles en tirent plusieurs enseignements pour mener une politique d’investissement durable et rentable.


Tout part du concept de résilience bioculturelle qui reconnaît que l'homme et la nature sont inextricablement liés. En conséquence, les hommes sont responsables de la modification de la nature depuis des dizaines de milliers d'années. Cette approche aboutit à élaborer un cadre permettant aux hommes de gérer activement la nature afin de parvenir à un avenir durable.


L'approche de la résilience, qui s'inspire de la pensée systémique, fait référence à la capacité d'un système socio-écologique à absorber les perturbations et les stress tout en conservant sa structure et ses fonctions. En améliorant la résilience, les systèmes sont mieux placés pour résister aux chocs sans s'effondrer.


« En adoptant cette approche, nous encourageons les investisseurs et les émetteurs à considérer que la résilience ne se limite pas à compter et à protéger un nombre donné d'espèces ou de cultures qui existent ou qui ont existé, mais qu'elle consiste plutôt à comprendre fondamentalement comment elles sont interreliées et comment ces relations contribuent à la résilience globale d'un système », explique Oshadee Siyaguna, analyste chez Regnan.


Dans ce contexte, que peuvent faire les investisseurs ?


En se plaçant du côté des investisseurs, la gestion de la résilience bioculturelle renforce leur capacité à gérer les risques systématiques et systémiques, améliorant ainsi la valeur à long terme de leurs portefeuilles. Plusieurs axes sont à développer :


Défense des intérêts


Les investisseurs peuvent s'engager dans la défense des systèmes en contribuant aux processus réglementaires, aux groupes de travail du secteur, à la collaboration avec le monde universitaire et aux débats publics qui recadrent la réflexion sur les politiques publiques efficaces. Ces activités visent à améliorer les réglementations, les normes et les pratiques à l'échelle du marché afin de faire progresser la résilience bioculturelle.


Engagement


L'engagement auprès des émetteurs est un autre moyen important pour les investisseurs de promouvoir la prise en compte et la gestion de la résilience bioculturelle. Il s'agit de sensibiliser les entreprises bénéficiaires, de rechercher une gestion efficace des risques et d'encourager leur participation aux discussions politiques. Les entreprises doivent également reconnaître les interdépendances au sein de leurs chaînes de valeur et leur impact sur les systèmes bioculturels dans de multiples dimensions.


Investissement


Si certaines industries influencent directement les systèmes bioculturels, beaucoup d'autres les influencent indirectement par des activités telles que la pollution ou l'atténuation du changement climatique. Le marché des entreprises proposant des solutions pour améliorer la résilience bioculturelle devrait se développer au fur et à mesure que les efforts en matière de développement durable s'intensifieront. Les entreprises qui sauront saisir ces opportunités créeront de la valeur ajoutée, tandis que celles dont les activités nuisent à la résilience bioculturelle s'exposeront à des risques plus importants.


En intégrant les idées de l'écologie politique et de l'approche de la résilience, sur lesquelles le concept de résilience bioculturelle est fondé, nous pouvons favoriser une compréhension plus complète des interactions complexes entre la culture, la société et l'environnement. En outre, les efforts des investisseurs ont d’autant plus de chances d'aboutir s’ils sont unis.


Toutes ces actions s’inscrivent dans un cadre évolutif. A mesure que les investisseurs intègrent ces principes dans leurs pratiques, il serait particulièrement efficace qu’ils partagent, entre eux leurs histoires, commentaires et idées.


A propos :


J O Hambro Capital Management (JOHCM) est une société de gestion active anglaise avec des bureaux en Europe, en Asie et aux Etats Unis et dont la culture est axée sur la performance des investissements et l’indépendance des équipes de gestion.

Elle gère 26.1 milliards d'euros d'actifs (au 31 mars 2023) à travers une quinzaine de stratégies actions (mondiales/internationales, thématiques, émergentes, européennes, asiatiques et britanniques).

A travers sa marque Regnan, elle se distingue particulièrement sur les problématiques d’investissement durable.

Les équipes de gestion sont indépendantes, opérant sans vue maison. Elles investissent donc en fonction de leurs propres convictions sur leurs secteurs de compétence. Cette approche leur permet de se mettre en quête des meilleures opportunités d’investissement.

JOHCM se concentre sur un nombre volontairement limité de stratégies d'investissement afin de promouvoir une performance de portefeuille leader sur le marché.

Bertrand Lecourt est Responsable des stratégies de gestion thématiques et gérant senior du fonds Regnan Sustainable Water & Waste.

Auparavant, il était gérant de portefeuille chez Fidelity International, où il a lancé et géré le fonds Fidelity - Sustainable Water & Waste Fund. Avant de rejoindre Fidelity International en 2018, Bertrand a été gérant de portefeuille chez Polar Capital et le fondateur et CIO d'Aquilys Investment Management.

Avant de passer au buyside, Bertrand était responsable de la Recherche actions France, chez Deutsche Bank et analyste secteur services publics chez Dresdner Kleinwort Benson et Goldman Sachs.

Il est titulaire d'un Master en finance internationale d’HEC Paris et d'un Master en Monnaie Banque Finance de l'université de Birmingham, Royaume-Uni, et d'un DEA en économie monétaire de l'université d'Orléans.

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